vendredi 29 mai 2015

The Smiths - The Smiths




THE SMITHS - THE SMITHS (1984)
Rhino Records  ‎– 2564665880 - Vinyl, LP, Album, Reissue (U.K. & Europe)


Au début des années 80, à Manchester, Steven Patrick Morrissey, un jeune homme moderne à la sensibilité exacerbée et à l'ambiguïté sexuelle affirmée décide de créer un groupe avec un guitariste surdoué, Johnny Marr. S'ajoutent la section rythmique, Andy Rourke et Mike Joice, et un nom de scène, The Smiths, volontairement choisi pour se moquer des groupes qui se torturaient l'esprit pour trouver un nom à rallonge (Siouxsie & The Banshees, Echo & The Bunnymen, Adam & The Ants...). The Smiths est le nom propre le plus commun en Grande-Bretagne. Déjà, on sent le goût de la provocation chez Morrissey.

Leur premier album sorti en 1983 est très homogène et cohérent. Son écoute est très agréable bien que la production souffre d'un manque de moyens préjudiciable.
Dès le premier morceau, le décor est planté. Ce sera une musique mélancolique sans aucun son de synthétiseur, mince exploit pour l'époque. Morrissey, le chanteur poète, déclame des textes plaintifs sur des arpèges lancinants de Johnny Marr.

Ainsi, " Reel around the fountain " est une longue litanie de lamentations (I dreamt about last night, Take me to the haven of your bed was something that you never said). Déjà, on sent la frustration sexuelle et la quête de l'être idéal qui seront des thèmes récurrents dans l'univers romantique et désespéré de Morrissey. Chaque chanson tourne autour de son mal-être, le reste du groupe étant chargé de mettre en musique ses appels au secours. 
Quelques chansons " joyeuses " parsèment l'album de lueurs d'espoir mais l'ensemble est désespéré.

" This charming man " et " Hand in glove " sont des titres punchy aux textes homo-érotiques acerbes.

Il se termine par un final macabre avec une vindicte sur des meurtriers d'enfants qui avaient ébranlé la ville de Manchester dans les années 60. Les rires d'enfants à la fin de la chanson font froid dans le dos lorsque Morrissey chante: " Vous pouvez dormir mais vous ne rêverez plus jamais... ".

Cet album est un coup de maître dans la discographie des Smiths. Le groupe s'est trouvé dès le premier morceau. Ils ne cesseront de s'améliorer et avec " The Queen is Dead ", livreront un des chefs d'oeuvres de l'histoire de la musique. (Xsilence.net).




TRACKLIST:

A1. Reel Around The Fountain
A2. You've Got Everything Now
A3. Miserable Lie
A4. Pretty Girls Make Graves
A5. The Hand That Rocks The Cradle

B1. Still Ill
B2. Hand In Glove
B3. What Difference Does It Make?
B4. I Don't Owe You Anything
B5. Suffer Little Children






The Smiths - What Difference Does It Make from Friedrich Mary on Vimeo.

dimanche 24 mai 2015

REM - Green



R.E.M. - GREEN (1988)
Warner Bros. Records
 ‎– WX 234 - (UK & Europe)

Green s'inscrit dans la plus pure tradition R.E.M. En effet, le groupe d'Athens signe pour leur entrée chez Warner 11 pop-songs (dont une cachée) à la fois simples, fraiches et efficaces, d'une durée moyenne de quatre minutes. 

L'album démarre sur les chapeaux de roues : "Pop Song 89" ouvre le bal, avec ces guitares et cette basse qui s'entrecroisent à merveille, suivie par l'excellente "Get Up", et par "You are the Everything", jolie ballade acoustique aux accents folks. Puis vient "Stand", une de ces chansons qui respire le bonheur et la joie de vivre, contrastant avec "World Leader Pretend" qui lui succède, où Micheal Stipe chante d'un ton assez sombre et grave. On aurait aimé que la seconde moitié de l'album soit aussi plaisante et agréable que la première, car malheureusement le rythme s'essouffle un peu, malgré de bons titres comme "Turn You Inside Out" et "I Remember California", avec son riff diaboliquement efficace. Quant à la piste cachée, elle n'apporte rien à l'album et aurait carrément mieux fait de ne pas apparaître sur la galette. En ce qui concerne les paroles, c'est du très grand R.E.M. Le groupe y traite principalement d'écologie (d'où le nom Green), mais aussi de la manipulation des masses ("World Leader Pretend"),du traitement de l'actualité ("Pop Song 89"), de l'handicap ("The Wrong Child"), ou même des dégats et autres pollutions causés par un agent défolliant utilisé par les Américains pendant la Guerre du Viêtnam ("Orange Crush"). Si Green est un disque très riche de par ses textes, ce sera aussi le dernier politiquement engagé de la part de R.E.M. De plus, il est important de noter l'utilisation pour la première fois d'instruments tels que la mandoline ou le violoncelle, qui prendront une place importante dans les prochaines compositions du groupe. 

Irrésistiblement pop, Green
 est un album dans son ensemble symphatique, qui s'écoute agréablement et qui, pour la bande à Stipe, constitue le point de départ de leur succès et de leur popularité. (XSilence.net).


TRACKLIST:


Air

A1
Pop Song 89
3:03
A2
Get Up
2:35
A3
You Are Everything
3:45
A4
Stand
3:10
A5
World Leader Pretend
4:15
A6
The Wrong Child
3:35
Metal
B7
Orange Crush
3:50
B8
Turn You Inside Out
4:15
B9
Hairshirt
3:55
B10
I Remember California
5:05
B11
Untitled
3:15






Orchestral Manoeuvres In The Dark - Orchestral Manoeuvres In The Dark




ORCHESTRAL MANOEUVRES IN THE DARK (1980)
Virgin ‎– 201 653-320 - LP, Album, Repress, Reissue (Europe)
Fondé par le duo Paul Humphreys / Andy McCluskey, OMD (pour Orchestral Manœuvres in the Dark) publie son premier album éponyme au tout début de la décennie 80, faisant le lien entre les expérimentations électroniques du Krautrock et la vague new-wave qui va débouler. Il ouvre alors avec succès la voie pour d'autres formations telles que Depeche Mode (dont le titre Photographic présent sur le 1er album Speak and Spell ressemble à s'y méprendre à Red Frame / White Light) ou plus près de chez nous Indochine.

Dès cette première production, tous les ingrédients qui vont faire le succès du groupe durant une petite décennie sont déclinés tout du long des 10 plages portées par un usage massif des synthétiseurs. Des gimmicks entêtants répétés en boucle et délivrés sans artifice (l'esprit punk est encore parfois proche, comme sur Bunker Soldier) portent des mélodies entêtantes à effet immédiat, distillées par les voix chaudes et légèrement nasillardes du duo fondateur. C'est ainsi que de véritables tubes vont se retrouver portés au pinacle des différents charts : plus de 30 ans après, les Electricity et autres Messages résonnent toujours dans les têtes et n'ont rien perdu de leur efficacité, tandis que d'autres compositions comme l'envoûtant The Messerschmitt Twins auraient également mérité de connaître le même sort.

Pourtant, loin de se complaire dans la facilité, OMD sait également sortir des sentiers bien balisés par ces perles de pop synthétique : n'hésitant pas à inclure d'autres instruments plus conventionnels comme un saxophone mais aussi un vrai batteur sur quelques titres, le quatuor produit également quelques passages plus aventureux. Les trois minutes de Dancing vont ainsi venir marcher dans les traces de Kraftwerk et, loin d'être un acte isolé, cette tendance se confirmera tout du long de la discographie du groupe, y-compris dans ses publications les plus récentes.

Véritable coup de maître pour un coup d'essai, Orchestral Manœuvres in the Dark est un véritable pilier non seulement de la discographie du groupe, mais aussi de l'histoire de la pop électronique, influençant de manière durable les nombreuses productions qui s'en suivront. (Tony B - Music Waves).



TRACKLIST:

A1. Bunker Soldiers
A2. Almost
A3. Mystereality
A4. Electricity
A5. The Messerschmitt Twins

B1. Messages
B2. Julia's Song
B3. Red Frame/White Light
B4. Dancing
B5. Pretending To See The Future




jeudi 14 mai 2015

Coldplay - A Rush Of Blood To The Head





COLDPLAY - A RUSH OF BLOOD TO THE HEAD (2002)
Parlophone ‎– 7243 5 40504 1 1 - (Europe)



Il est difficile de ne pas commencer cette critique sans rappeler les chiffres de vente de “Parachutes”, le premier album de Coldplay sorti voilà deux ans : plus de 5 millions de copies écoulées. Ce chiffre suffit à indiquer à quel point le second opus du quatuor était attendu au tournant. Manque de bol pour tous les détracteurs de l’écriture simple et directe de Chris Martin et Jonny Buckland, ce “Rush of Blood to The Head” est une totale réussite. A l’image de Parachutes, les mélodies sont là, et la voix troublante de Chris n’a rien perdue de son impact.

Entrée en jeu avec “Politik”. Ca commence avec la guitare de Jonny Buckland, tranchante, et continue avec Chris Martin au piano. Instantanément, on se retrouve en territoire connu. Pourtant, ce titre d’ouverture est résolument différent de ce qui avait été entendu sur “Parachutes”, preuve que le groupe britannique sait se renouveler.

“In My Place”. Premier single. Une merveille, au même titre que “Yellow” ou “Trouble”. Chris Campion martèle sa batterie et le duo Chris / Jonny fait encore des merveilles. Une très belle chanson, sobre, à l’image du clip qui passe en boucle sur Mtv.

Mais il serait inutile de continuer à faire du titre par titre, tant ces 11 morceaux se ressemblent. Pas dans leurs structures, même si l’on retrouve du piano par-ci par-là, ni même dans leurs mélodies, mais dans leur niveau de qualité. Les singles doivent être difficiles à trouver dans de telles conditions. Après “In My Place”, on verrait bien “Clocks” et “The Scientist” prendre le relais.


Et au moment où il faut regarder autour de nous ce qui passe sur les radios, on se dit qu’au milieu du nu-metal et du R’n’B, les quatre petits gars de Coldplay pourraient bien être nos sauveurs, bien loin devant Travis et consorts.


TRACKLIST:

A1. Politik
A2. In My Place
A3. God Put A Smile Upon Your Face
A4. The Scientist
A5. Clocks

B1. Daylight
B2. Green Eyes
B3. Warning Sign
B4. A Whisper
B5. A Rush Of Blood To The Head
B6. Amsterdam






vendredi 8 mai 2015

Rammstein - Rosenrot





RAMMSTEIN - ROSENROT (2005)
Universal Music  ‎– 987 458-9 - (Europe 2011)
Un mur de guitare, une rythmique binaire bien appuyée avec une caisse claire qui claque. Le disque a à peine commencé depuis 28 secondes qu’on sait déjà que le nouveau disque de Rammstein ne révolutionnera pas leur style. Comment cela aurait-il pu d’ailleurs, puisqu’il fut composé dans la foulée du précèdent album (« Reise, Reise ») ?

Le groupe allemand s’applique donc à (bien) faire ce qu’il sait (bien) faire : des morceaux martiaux, épiques, aux refrains puissants et accrocheurs. L’énorme « Mann Gegen Mann » et son pont éléphantesque en étant le meilleur exemple. On notera pour le coup que c’est Fake, le claviériste qui se montre le meilleur, ses samples apportant beaucoup de reliefs aux morceaux, en ne manquant ni d’originalité, de variété. Il arrive même à enrichir et à re-dynamiser des riffs parfois un peu trop simpliste au moyen de boucles électro du meilleur effet.

Ensuite il faut bien avouer que le groupe se mord de plus en plus la queue en proposant par exemple des structures stéréotypées où les guitares n’apparaissent systématiquement qu’au début, et pendant les refrains. Où encore avec « Strib nicht vor mir » power-ballade sirupeuse en duo avec Sharleen Spiteri de Texas, qui se laisse agréablement écouter, mais qui ne fait pas le poids face à ces aïeules que sont « Seeman » ou « Mutter ».
Pour l’originalité, il faudra aller à la piste 9, où Rammstein nous montre comment aurait pu sonner le groupe s’ils avaient été espagnols. Tandis que Till s’essaye à la langue de Cervantès, le groupe part dans un délire qu’on pourrait baptisé le « bandas-metal ». Ce morceau au titre plus qu’évocateur n’est peu être pas le meilleur de l’album mais sans aucun doute le plus frais.
 
« Rosenrot » n’est pas mauvais, c’est même un disque plutôt bon, mais il est vrai que quand on sait ce qu’a composé ce groupe avant on est en droit d’attendre mieux. (Bloody - MetalFrance).




TRACKLIST:

A1
Benzin
3:46
A2
Mann Gegen Mann
3:51
A3
Rosenrot
3:55
A4
Spring
5:25
A5
Wo Bist Du
3:56
A6
Stirb Nicht Vor Mir (Don't Die Before I Do)
4:06

B1
Zerstören
5:29
B2
Hilf Mir
4:44
B3
Te Quiero Puta!
3:56
B4
Feuer Und Wasser
5:13
B5
Ein Lied
3:44








Tears For Fears - Elemental





TEARS FOR FEARS - ELEMENTAL (1993)
Mercury ‎– 514875-1 - (United Kingdom)

TEARS FOR FEARS aura marqué une décennie. Géniteurs des formidables "Woman In Chains" et "Pale Shelter" ou encore des célèbres "Shout", "Mad World" et "Everybody Wants To Rule The World", les Anglais surent se montrer très inspirés sur trois albums aussi variés que qualitativement irréprochables. Et si Songs From The Big Chair reste leur album phare, ma préférence ira toujours vers le suivant, qui s'impose définitivement comme l'un des albums me faisant le plus vibrer au monde, je parle bien sûr de l'incroyable The Seeds Of Love, sorti en 1989.

Plus par souci d'image que de transparence artistique, le groupe s'était affiché depuis le début comme l'oeuvre d'un duo devenu mécaniquement mythique : Roland Orzabal et Curt Smith. Il n'échappait cependant à  personne que le véritable maître de la machine TEARS FOR FEARS n'était en réalité personne d'autre que Roland Orzabal, talentueux guitariste, incroyable chanteur et compositeur, et sans doute implacable dictateur. Du point de vue de la créativité, c'était donc (et de loin) ce dernier qui s'exprimait le plus, régulièrement aidé par Ian Stanley ou Nicky Holland cependant peu médiatisés à l'époque. Les pochettes de Songs From The Big Chair et Seeds Of Love en disent long : seuls Curt et Roland y figurent.

Pourtant, si on met de côté ses talents de bassiste, Smith se montrait quelque peu fantômatique niveau compositions. "Head Over Heals" (1985) et "Sowing The Seeds Of Love" (1989) furent ses seules oeuvres au sein du groupe, mais ces titres étant parmi les meilleurs de leurs albums respectifs, on pouvait imaginer que le musicien préférait se concentrer plutôt sur la qualité que sur la quantité. Bon. Cette démarche, avérée ou non, ne plût pas à Rolad Orzabal puisqu'il accusa son vieil ami de ne pas s'impliquer assez dans leur groupe, notamment pendant la conception de Seeds Of Love (1989). Les tensions provoquèrent le départ plutôt froid de Curt Smith, laissant Orzabal seul maître à  bord. Ce qui finalement n'allait pas changer grand-chose, pouvait-on imaginer.

Elemental pourrait être considéré comme le premier album solo de Roland Orzabal, et connaîtra bien moins de succès que ses prédécesseurs. D'un point de vue commercial, l'âge d'or du groupe s'acheva avec l'opus de 1989. Qu'en est-il qualitativement parlant ?

"Break It Down Again", premier single d'Elemental, qui sera le dernier tube international de TFF, se veut plus simple et fédérateur qu'un "Woman In Chais", et accentue davantage le côté "fraîcheur spontanée" qu'évoquaient "Everybody Wants To Rule The World" ou "Advice For A Young At Heart". La réussite est réelle, le titre est inspiré et plaisant.

L'album s'ouvre sur la chanson titre, hallucinante de classe et de beauté, notamment sur sa première minute. Une certaine froideur se dégage du titre, mais Orzabal frappe surtout par la maîtrise de son sujet : Elemental ne sera pas l'album hésitant de TEARS FOR FEARS, résultant d'une séparation précoce et déchirante. Le chanteur semble confiant et à  l'aise, et nous signe l'un des meilleurs morceaux de sa carrière. On y retrouve ces fameux arpèges de guitare frissonnants, et bien sûr la voix cristalline et envoûtante de ce véritable génie musical qu'est Roland Orzabal.

Elemental est un bon album. Le fait qu'il le soit moins que ses illustres prédécesseurs ne tient pas du départ de Curt Smith, mais plus d'un léger et simple essoufflement de son créateur, qui n'arrivera pas à donner aux 10 compositions de l'opus le même niveau qu'à  la première. Plus généralement, l'album a une structure qualitative grossièrement décroissante : les quatre meilleurs titres sont tout en fait les quatre premiers, avec notamment un "Mr. Pessimist", riche et subtil, de toute beauté.

"Cold", mais aussi les séduisants "Fish Out Of Water" et "Goodnight Song" résument parfaitement la mentalité du TEARS FOR FEARS à  partir des années 90 : les titres se veulent simples, portés par quelques accords de guitares enchanteurs et un refrain mélodieux.

"Dog's A Best Friend's Dog" dynamise l'ensemble, mais semble légèrement décousu malgré une guitare très inspirée (il n'y a qu'à  écouter les riffs et le solo inhabituellement long). Dans le moins réjouissant on citera un "Power" qui traîne un peu en longueur ou un "Brian Wilson Said" intéressant mais quelque peu bancal. Ces titres, plus anecdotiques, restent agréables à l'écoute et seul "Gas Giant" est complètement inutile. On est loin d'un "Broken".

J'aime personnellement beaucoup cet album, qui dégage une certaine fraîcheur et ne montre que peu de faiblesse. On pourra noter que la basse est largement audible et appréciable, et qu'on se sent donc pas de vide à ce niveau depuis The Seeds Of Love, mais il est vrai que Smith avait un rôle bien plus important sur les deux précédents. Quoiqu'il en soit, il n'y a finalement pas grand-chose à rajouter sur cet Elemental qui porte l'étiquette de l'"album de rupture" sans vraiment l'incarner. (Kid66 - FP).



TRACKLIST:
A1
Elemental
A2
Cold
A3
Break It Down Again
A4
Mr. Pessimist
A5
Dog's A Best Friend's Dog
B1
Fish Out Of Water
B2
Gas Giants
B3
Power
B4
Brian Wilson Said
B5
Goodnight Song








Korn - Issues




KORN - ISSUES (1999)
Music On Vinyl ‎– MOVLP109 2 × Vinyl, Limited Edition, Numbered, Reissue, Yellow/Red, 180 gram 
(Europe)

Conchié par une partie du public à cause de son côté fortement commercial, Follow The Leader avait établi l'ère du Korn Superstar. Des singles imparables tels "Got The Life" ou "Freak On A Leash" s'étaient imposés au plus grand nombre, et en sacrifiant une partie de la frange dure du public heavy Korn avait réaffirmé son statut de référence du néo. La suite s'annonçait risquée, et le groupe releva le défi avec brio. Porteur à la fois de l'efficacité directe et catchy de l'album précédent et s'ouvrant à une noirceur mélodique annonçant UntouchablesIssues est un grand album de Korn.

Le titre le plus connu d'Issues est aussi le moins intéressant : "Falling Away From Me" est un single honnête qui a surtout eu pour effet de faire croire aux fans que le groupe effectuait un retour vers Life Is Peachy. Ce n'est pas du tout le cas : à part les riffs du titre précité on ne retrouve nullement le côté brouillon et échevelé du deuxième album de Korn sur ce CD. Tout au contraire Issues est un album réfléchi et profond, signe d'une introspection et d'une recherche artistique réelles, ce qui est d'autant plus étonnant que l'album a été composé et enregistré très vite. Résultat : si on retrouve des riffs distordus "à la Life Is Peachy" sur des titres comme "Beg For Me" ou "Wake Up," c'est ce à quoi ils sont enchaînés qui crée la nouveauté.

En effet, ces deux morceaux voient s'opposer aux riffs massifs des passages ambiancés d'une atmosphère nouvelle : à la fois calmes et malsains, les harmonies et les sons étranges -fruits de l'exploration de la paire Head/Munky- dégagent un feeling unique en plus d'être différents d'une chanson à l'autre. Du groove chaud de "Make Me Bad" aux arpèges éthérés et féériques de "Wake Up" tout en passant par l'excellente pop de "Somebody Someone" et l'ambiance de suicide de "Trash", le groupe déploie une palette qui laisse coi. Ce tout séduisant est haché par de gros passages mosh et violents qui font du bien par où ils ramonent, car ce n'est pas ce virage mélodique qui empêche les guitaristes d'envoyer le bois quand il le faut.

Jonathan Davis commence à laisser entrevoir l'énorme potentiel de chanteur qui a explosé par la suite, et son chant clair a fait des progrès très perceptibles. Même si son chant clair-agressif est moins mis en avant, le chœur final de "No Way" est un bel exemple de ce qu'il peut faire... sans compter la montée du refrain de "Hey Daddy" où le vocaliste se révèle capable d'une sensibilité et d'une technique sans failles. L'énorme "Let's Get This Party Started" nous rassure quant à lui sur la capacité de Korn à inclure son nouveau sens de l'angoisse mélodique dans un gros titre ultracatchy. Mais ce qui fait la force d'Issues est bien cet incroyable sens de l'ambiance et des atmosphères. Untouchables poussera le bouchon, mais tout est déja là.


Cet album très complet s'apprivoise dans la durée : les surprises sont nombreuses (le break central de "Counting"!) et le tout dégage une impression de grande maturité artistique. Si vous avez de gros préjugés négatifs sur le néo et que vous ne voulez pas changer d'avis, n'écoutez surtout pas Issues… car il est difficile de ne pas craquer pour ce joyau contemplatif et varié à l'extrême. Dernier album du premier cycle de Korn, Issues en est également le point culminant. Indispensable. (Cosmic Camel Clash - Les eternels).



TRACKLIST:


A1. Dead
A2. Falling Away From Me
A3. Trash
A4. 4 U
A5. Beg For Me

B1. Make Me Bad
B2. It's Gonna Go Away
B3. Wake Up
B4. Am I Going Crazy
B5. Hey Daddy

C1. Somebody Someone
C2. No Way
C3. Let's Get This Party Started

D1. Wish You Could Be Me
D2. Counting
D3. Dirty







jeudi 7 mai 2015

David Bowie - Let's Dance





DAVID BOWIE - LET'S DANCE (1983)
EMI America
 ‎– 1C 064-400 165 - (Europe).

" Let's dance" : un album soi-disant pourri ?! J'en rigole encore ...

Sous prétexte que Bowie à chercher ici à faire du hit à tout prix sur fond de paroles bidons... et alors ?
Ca sonne, c'est bien foutu et c'est bien l'essentiel!

Bien sur, la presse intello préférera descendre le disque et encenser à la même époque, par exemple, l'album "war" de U2 : un bon album mais qui à pourtant quelques défauts évidents.
Sur let's dance, les mélodies sont efficaces, c'est propre et c'est accrocheur

Et surtout , ça remue encore (ce qui ne sera pas le cas de l'album suivant "tonight", mou du genou).
Le talent est bien là, que ce soit Bowie ou les musiciens (stevie ray vaughan,Nile Rodgers,Carlos Alomar...).
Quand à la production, le son, chaleureux, est agréable et groovy à souhait (Nile rodgers oblige).

Et il convient parfaitement à ce registre pop rock - dance rock de l'époque.
Pour les vieux fans intégristes, ils devraient réécouter un titre comme "Ricochet" dans une veine funk rock.

Difficile de résister à son groove et à cette atmosphère et ces paroles sombre (typiquement Bowie ça!)..
Titre plutôt lent et obsédant, la ligne de basse est énorme, Bowie la joue sobre et impeccable avec les cuivres sur la fin et la guitare qui vienne se poser: excellent.

Sans cette production 80's, ce morceau aurait eu sa place sans problème dans un disque comme "diamonds dog" voire "station to station".
Quand à "cat people" c'est surement un des meilleurs rock que Bowie à pondu.

Classieux et au petit oignons, la tension monte crescendo dans ce festival de feeling : stevie ray vaughan apporte une touche unique au milieu de ce groove imparable.
L'intro, les chœurs et les variations au niveau du rythme sont particulièrement bandante!

"Modern love" nous ramène dans un rock n roll typé old school avec un coté très dancefloor.

L'efficacité est bien là!, idéal pour ouvrir un album!
"China girl" soi-disant fade, alors que derrière cette pop song se cache encore ce groove moelleux, le chant sexuel archi maîtrisé par Bowie et de délicieuses partie de guitares un poil bluesy signé SRV.
"let's dance" le title track : inutile de revenir la dessus, la débauche de cuivres au début est énorme et le beat dévastateur fera le reste.

Bowie est toujours dans un chant sensuel.
Il y a aussi le simpliste "criminal world" qui me botte bien.

Un rock groovy gentillet mais là encore une fois avec une bonne ligne de basse et un stevie ray vaughan imparable.
Bon il reste que le remuant "shake it" et le tranquille " without you". Ce dernier titre est le moins fort du disque.

C'est donc deux titres bouchent trous, sans grande prétention, mais pas désagréable.
Pour conclure, on sait que Bowie à déjà beaucoup innové dans son matériel précédent.

L'idée de faire un bon album commerciale pour bouger ("let's dance") bien ficelé ne mérite pas une critique à charge contre ce disque.