lundi 15 mai 2017

OMD - English Electric



OMD - English Electric (2013)


Remontons le temps jusqu'en 1983. Cette année-là (dehors Cloclo !), le groupe de new-wave Orchestral Manoeuvres in the Dark sort Dazzle Ships, un album mêlant la new-wave caractéristique de l'époque et de la musique expérimentale. Le résultat était fort probant, mais le public n'avait que peu accroché, forçant OMD à dériver vers une pop électronique plus convenue et surtout moins enthousiasmante. Trente ans plus tard, soit six ans après sa reformation (le groupe n'ayant en effet plus existé entre 1996 et 2007), OMD récidive avec son nouvel album, English Electric. Avec l'évolution de la musique, il devrait avoir une meilleure réception de la part du public. En tout cas, c'est surtout un album des plus géniaux, il n'y a pas à tergiverser.

Contrairement à Dazzle Ships, English Electric accorde plus de place aux morceaux à structure standard – c'est-à-dire des chansons. Toutefois, à l'inverse de History of Modern, qui présentait une new-wave old school, elles détonnent par leur apparente originalité stylistique. OMD n'invente rien ici, mais ose le peu commun par rapport à la scène actuelle. Certes, il ne faut pas voir du côté de "Metroland" ou bien "Stay with Me" pour le voir clairement. Le premier, envoyé en single éclaireur, présente bien l'influence de Kraftwerk ainsi que le talent du groupe à créer une synthpop des plus efficaces. Le second, chanté par Paul Humphreys (youpi !), est une jolie ballade électronique dégoulinant certes de mièvrerie, mais suffisamment efficace et bien exécutée pour ne pas être zappée.

Le meilleur se trouve cependant (et bien évidemment) sur les autres morceaux. De temps à autre, une simplicité pop s'installe ("Night Café", "Dresden"), mais elle est finement utilisée, de manière à attirer sans racoler. Certaines chansons se font plus remarquer que d'autres rien que par leur titre, comme c'est le cas pour "Helen of Troy". L'écho à "Joan of Arc" sur Architecture and Morality devrait briller comme un néon dans la tête. En tout cas, voilà encore une démonstration de la puissance de la new-wave. Avec "Our System", OMD va encore plus loin et se pose clairement comme l'une des pléthoriques influences de DEPECHE MODE (paix à son âme, surtout en 2013), avec cependant un McCluskey plus charismatique au niveau du chant.
Comme dit plus haut, English Electric est une version moderne de Dazzle Ships, d'où la présence d'interludes se détachant de la new-wave/synthpop. Le moins que l'on puisse dire, c'est que c'est réussi. Sur un fond assez inquiétant, une litanie joyeusement neutre vante l'idéal socio-économique des années 50 sur "Atomic Ranch". "The Future Will be Silent" impressionne par l'opposition entre des synthés assez joyeux et un texte récité de manière bien froide un sombre propos, un véritable grand moment de musique contemporaine. Enfin, l'accumulation de voix sur "Decimal" se pose en tour de force rondement bien mené. Lui aussi renvoie directement à Dazzle Ships, et pour être plus précis à "Time Zones". Cette tendance à renvoyer à cet album est si bien faite qu'on ne pourra accuser OMD de passéisme ou d'auto-plagiat.

Peut-on vraiment trouver des points faibles à English Electric ? Quelques points de désaccord tout au plus. Par exemple, "Kissing the Machine" n'est pas objectivement sensationnelle, mais elle n'est pas désagréable pour autant et peut plaire à qui aime la synthpop quelque peu paresseuse.
Mais sinon, il n'y a pas de réel point faible ni de raison d'être mécontent. Non content d'avoir réussi leur come-back studio avec History of Modern, les membres d'OMD signent avec English Electric une oeuvre forte, dont certains seraient bien tentés de s'inspirer. Et si un autre album doit lui succéder, peu importe le temps que cela prend, du moment qu'il est tout aussi bon. (Waltersmoke – Forces Parallèles).






TRACKLIST :

A1       Please Remain Seated
A2       Metroland
A3       Night Café
A4       The Future Will Be Silent 
A5       Helen Of Troy
A6       Our System

B1       Kissing The Machine
B2       Decimal        
B3       Stay With Me
B4       Dresden
B5       Atomic Ranch
B6       Final Song



OMD - Dresden from Friedrich Mary on Vimeo.

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